Appel à contributions pour le prochain numéro de la revue Histoire et Informatique

Je relaie ici un appel à contributions diffusé par Enrico Natale (@infoclio) sur la liste DH qui devrait intéresser nos lectrices et nos lecteurs

[Edit. : voir aussi http://www.infoclio.ch/fr/node/33027]

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 (Dé)montrer l’histoire. La visualisation de données entre théorie et pratique
L’association Histoire et Informatique consacrera le prochain numéro de sa revue, publiée chez l’éditeur Chronos, à la question de la visualisation de données. Nous invitons les personnes intéressées à soumettre leur proposition sous la forme d’un abstract de max. 400 mots accompagné d’une brève notice biographique par courriel à l’adresse: info  [at] ahc-ch [dot] ch, d’ici au 30 mai 2013.

Argumentaire: 
La visualisation de données dans les sciences humaines, après un premier essor dans les années 1960 dans le courant de l’histoire quantitative, puis son rejet dans les années 1970, connaît un renouveau certain ces dernières années. Tandis qu’une place est toujours réservée aux graphiques classiques et statiques, de nouvelles manières de présenter les données sont de plus en plus souvent explorées, telles que les visualisations de réseaux, la cartographie, des visualisations lexicométriques (notamment Google Ngrams), ou même des graphiques dynamiques et multimédia, pour ne donner que quelques exemples. Différents facteurs accélèrent ces développements. Des logiciels de visualisation faciles d’utilisation, associés à une augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs, ont mis à la disposition de presque tout chercheur des méthodes quantitatives et des outils de visualisation jusque-là très complexes. Des données standardisées et libres de droits sont de plus en plus disponibles. Enfin, un ensemble croissant de matériaux, notamment des sources historiques, est numérisé et peut être traité par des méthodes automatiques.
Cependant, les avancées sont restées timides concernant la manière dont ces nouvelles formes de visualisation peuvent être utilisées dans la recherche historiques et leurs conséquences méthodologiques. Dans l’utilisation de ces nouvelles représentations, les chercheurs sont confrontés à différentes difficultés. Quelles sont les données qui peuvent être représentées ? Quels sont les avantages et les inconvénients des différentes séries de données et outils disponibles ? Quelles sources les historiens et historiennes doivent-ils utiliser pour créer leurs propres séries de données ? Quelles sont les meilleures pratiques pour extraire, préparer et présenter des données quantitatives et leur visualisation ?
Au-delà de ces importantes réflexions méthodologiques, les historiens font face à des questions plus larges concernant la signification de ces outils. Ces visualisations ne sont-elles uniquement un moyen d’illustrer le récit textuel classique, de le rendre plus attractif ? Ou constituent-elles une forme nouvelle de narration historique ? Quelle est la relation entre la visualisation de données et le texte qui l’accompagne ? Quelle est la plus-value scientifique de présenter des données visuellement ? Qu’est-ce que chercheurs et chercheuses peuvent ainsi révéler qu’on ne peut montrer autrement ? En quoi le renouveau de ces pratiques affecte-t-il la discipline historique plus généralement ?
Enfin, les discussions autour de la visualisation des données omettent parfois leur propre dimension historique. Certaines formes de présentation des données, telles que les cartes ou les frises chronologiques, existent bien sûr depuis des siècles. D’autres peuvent être retracées au moins jusque dans l’Europe de l’époque moderne. Comment et pourquoi ces différentes formes graphiques sont-elles apparues et ont-elles évolué ? Quel rôle ont-elles joué pour la connaissance et les sciences ? Y a-t-il des leçons à tirer de cette histoire ?
L’association Histoire et Informatique consacrera le prochain numéro de sa revue, publiée chez Chronos, à ces questions. Le comité de l’association aimerait par conséquent recevoir des propositions d’articles sur les thèmes suivants :
Recherches historiques utilisant des techniques de visualisation, par exemple :
• Cartographie (y compris, mais non seulement, les Geographical Information System)
• Analyse de réseaux et visualisation
• Analyse linguistique, lexicométrie
• Visualisations statistiques (graphiques de courbes, nuages de points, etc)
Réflexions méthodologiques sur la visualisation de données :
• Production et préparation des données
• Choix des méthodes statistiques (notamment des algorithmes)
• Choix des outils, problèmes de création des visualisations
• Présentation des données et de leur visualisation
Réflexions théoriques sur la signification de la visualisation de données :
• Avantages et inconvénients pour la recherche historique
• Influence sur les questions et problématiques guidant la recherche
• Conséquences pour la narration historique
Histoire des représentations visuelles :
• Évolution historique des différentes formes de visualisation (cartes, frises chronologiques, courbes, nuages de points, réseaux, etc)
• Histoire des techniques informatiques de visualisation
• Liens entre techniques de visualisation et histoire des sciences
Nous invitons les personnes intéressées à soumettre leur proposition sous la forme d’un abstract de max. 400 mots accompagné d’une brève notice biographique par courriel à l’adresse: info@ahc-ch.ch, d’ici au 30 mai 2013.
Comité de rédaction:
Nicolas Chachereau (UNIL) <nicolas.chachereau@unil.ch>, Enrico Natale (infoclio.ch) <enrico.natale@infoclio.ch>, Christiane Sibille (dodis.ch) <christiane.sibille@dodis.ch>, Patrick Kammerer (UZH) <pka@fsw.uzh.ch>, Manuel Hiestand (UZH) <hiestand@fsw.uzh.ch>.

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J’en profite au passage pour vous signaler que les n°1 à 15 de la revue ont été numérisés et sont en libre accès :

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Émilien Ruiz
Historien, assistant professor à Sciences Po. < e-ruiz.com >

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